

L’œuvre est constituée d’un cube flottant dans l’espace et fabriquée avec une multitude de rubans de 3 mètres de long suspendus à partir d’un grillage.
Un lac réel situé dans la réserve amérindienne de Listuguj, où Maryse Goudreau s’est baignée à maintes reprises, a servi de point de départ pour créer ce territoire intérieur. Elle a fixé sur le mur une carte de ce plan d’eau, tirée du site Internet Google Maps. Cette carte devient tridimensionnelle, car la grille investie de rubans bleus et verts reproduit la forme du lac de l’image satellite. La grille est bien visible et elle peut suggérer l’idée d’un sondage archéologique ou même celle de la captivité.
Les rubans, totalisant une distance de 7.5 kilomètres si on les mettait bout à bout, servent tout d’abord d’unité de mesure au territoire réinventé. Mais ils sont aussi très connotés, puisqu’ils font partie de l’ornementation du costume cérémonial amérindien. Le ruban est un produit qui a été échangé très tôt lors des contacts entre les Premières Nations d’Amérique et les Européens, période qui concorde avec un profond bouleversement de la notion de territoire et de propriété. Le son de ces rubans qui bougent et les reflets de lumière bleutée donnent au spectateur qui y pénètre l’impression d’être lui-même sous l’eau, retrouvant ainsi l’essentiel du paysage d’origine.
Cette installation invite le visiteur à se noyer dans sa propre redéfinition d’un territoire.


