lundi 30 août 2010

Manifestation pour la mémoire des quais












DE MARSOUI À CARLETON
De moins en moins fonctionnels pour le commerce maritime, plusieurs quais de la péninsule sont laissés à l’abandon. Les politiques actuelles de cession des ports sont en train de leur donner le coup de grâce. Défigurés par les tempêtes et mal entretenus, plusieurs Gaspésiens en souffrent. C’est entre autres le cas du quai de Marsoui. Malgré sa décomposition, les habitants de ce village continuent pourtant de s’y rendre. Si le commerce maritime y a disparu, il demeure pour cette communauté un lieu très vivant de rassemblement social, d’activités et de recueillement dans le paysage.

Dans le cadre des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, l’artiste Maryse Goudreau de Pointe-à-la-Croix a réalisé sa première intervention photographique sur le quai de Marsoui, Charge 1, le 14 août dernier. Pourquoi cette intervention a-t-elle touché les gens de Marsoui ? C’est que l’artiste a créé une œuvre intimement liée au quotidien de cette communauté. Pour la suite de ce projet et mue par la nécessité d’une résistance face à leur avenir menacé, elle interviendra le 3 septembre sur le quai de Carleton, avec Charge 2.




ALIMENTER POÉTIQUEMENT
LA RÉSISTANCE QUI S’ORGANISE

Maryse Goudreau utilise des photographies d’archives, approchant à la fois la mémoire du paysage et la mémoire photographique. Elle travaille aussi avec des ferrotypes (photos sur plaque d’étain), photos de femmes anonymes, qu’elle déniche chez les antiquaires ou sur le Web : dans les mains de l’artiste, ces ferrotypes ouvrent sur l’héritage des femmes, essentiel à la vie d’un individu ou d’une société.
« J’ai trouvé une carte postale dans la collection de mon père, témoin d’un âge d’or du trafic maritime de Carleton. J’en ai fait une impression grand format que je collerai sur l’asphalte du quai, le 3 septembre 2010, à 19 :00. J’invite la population à s’y rendre pour voir apparaître le contraste flagrant entre hier et aujourd’hui. Par la suite, les automobilistes, les camionneurs et les piétons pourront circuler sur l’image photographique jusqu’à ce qu’elle s’efface » (Maryse Goudreau).

L’artiste tente de réactiver la mémoire collective, et la fierté d’être qui en découle chaque fois que nous la retrouvons. La photographie monumentale, parce que vouée à la disparition, sonne l’alarme. Maryse Goudreau veut se rallier à tous ceux qui ont à cœur l’avenir du quai de Carleton. Son intervention cherche à resserrer les liens entre l’art et une cause sociale.
Le soir du 3 septembre toujours, une complice distribuera aux manifestants une vingtaine de drapeaux avec des impressions photographiques intégrant cartes postales et ferrotypes. Ce sont alors des porteuses d’identités maritimes qui flotteront dans le vent pour l’occasion.

La photographie du quai et les drapeaux appellent à la rencontre photographique. Maryse Goudreau invite tous les photographes à apporter leur caméra car notre maritimité est en jeu. Les quais sont au coeur des collectivités littorales, partie intégrante de leur culture. Pour ne pas passer sous silence l’importance de sa sauvegarde, rendez-vous sur votre quai le 3 septembre prochain.

Adrienne Luce, commissaire



7 photographes ont documentés l'évènement:
http://manifestationpourlamemoiredesquais.blogspot.com
La création de cette intervention artistique a étérendue possible grâce à l'appui de: