lundi 22 août 2011

INTERVENTION PHOTOGRAPHIQUE ET COMMUNAUTAIRE







Manifestation pour la mémoire des quais


Ces images de femmes du 19e siècle ont été trouvées dans les marchés aux puces. Elles sont inconnues. Battant au vent, avec une carte postale en guise de masque ou de bâillon, elles nous fixent du regard, accentuant par leur présence spectrale, l’intensité du lieu.



J’étais consciente que certains attroupements sur le quai de Miguasha posaient problème lorsque j’ai mis en scène une installation temporaire appelée « Manifestation pour la mémoire des quais ». Plantés sur la carcasse du quai de pêche, mes drapeaux devenaient un signal d’alerte. L’abandon des quais de l’est du pays est un sujet de mécontentement social inexprimé. Le choix d’images pour ces drapeaux évoquait le sentiment d’impuissance à l’égard de ce changement majeur dans l’identité maritime. J’étais convaincue que la perte de ces accès à la mer n’était pas sans effet pour les communautés. J’étais loin de me douter qu’une intrigue s’ajouterait à la complexité de saisir l’esprit de ce lieu de rassemblement.

L’installation a été détruite moins de 48 heures après son inauguration. Ce qui suivi a l’apparence d’une enquête pour retrouver les 19 drapeaux disparus, mais il s’agit plutôt d’une quête de sens.









Documentation photographique: Robert Dubé, Michel et Maryse Goudreau






Deux ans avant l’intervention à Miguasha


La vidéo Départ des glaces montre une tempête qui défile dans la poitrine d’une femme. Ce témoignage du départ des glaces marque la fin de la pêche commerciale à l’éperlan sur glace sur la baie en face de Miguasha en mars 2009. Une tempête de neige entrave le travail des pêcheurs qui retirent leurs filets et équipements près des tranchées dans les glaces. Ces pêcheurs n’ont pas de bateau, ils circulent en motoneige. En 2010, la glace ne s’est jamais formée.



video

jeudi 4 août 2011

Une foule coulée sur une plaque de verre




MANIFESTATION POUR LA MÉMOIRE DES QUAIS


Dans le cadre des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, j’ai faite appel à la population de la Baie-des-chaleurs afin de faire partie d’une foule mobilisée pour créer une image sur le quai de New Richmond en Gaspésie. La prise de vue a été réalisée avec un appareil du 19e siècle.

Le terrtoire a été le sujet central de ma recherche et j’utilise aussi l’archive photographique et la photo trouvée. Ce projet performatif est un passage de l’image ancienne trouvée à l’apprentissage d’un procédé photographique des débuts de la photographie. Cette première série de plaque de verre au collodion humide est le départ d’une production qui revisitera l’effacement de l’identité. Le procédé photographique du collodion humide a connu une grande popularité de 1851 à 1880 car il permet d'obtenir des clichés d'une grande finesse. Il présente toutefois un inconvénient majeur : le négatif devait être préparé, exposé, puis développé en un temps très court, car une fois sec il devient insensible. L'opération dois ce limiter à 15 minutes au total ce qui explique le la présence de la chambre noir sur le quai. J’ai a partagé mes manipulations photographique avec les figurants.

La prise de vue performative de la foule réuni le 16 août 2011 pour l’évènement Manifestation pour la mémoire de quai à attiré environ 300 personnes. Tous les figurants qui le désiraient, se sont enregistrés pour recevoir par la poste une copie signée de la photographie. Cette photographie ne sera pas mise en ligne en version numérique et elle sera tirée sur un papier photographique au cours des prochains mois. Ma recherche avec les photographies anciennes qui abordent l’idée de la mémoire en disparition, est devenue l’instigatrice de cette manœuvre. Cinq photographies ont été réalisées.

Archivage en cours

















Documentation photographique: Robert Dubé et Anick Loisel

Je tiens à remercier : La Radio Cieu-FM, les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, la Ville de New Richmond, Guylaine Langlois et le Centre d’artistes Vaste et Vague, Robert Dubé, Anick Loisel, Mathieu Bouchard-Malo, Denis Malo, Michel et Mary Lou Goudreau, et le public participant.